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témoignage:

Il s’agit juste d’un rapide paragraphe mais qui fait écho à « l’émotion la plus forte » que j’ai ressentie pendant ce voyage.

Lors d’une visite guidée de Jérusalem « hors des sentiers battus », S. nous a mené d’un quartier à un autre. Pour l’œil peu avisé, rien ne marque la différence entre les quartiers, nous passons de l’un à l’autre sans difficulté avec notre van  immatriculé en Israël. Depuis la France, nous appréhendons peu les sujets de territoires. Bien entendu, les colonies, l’annexion sont des mots et concepts qui reviennent mais l’emprise territoriale plus insidieuse est elle plus difficile à appréhender. Mon « imaginaire palestinien » était principalement orienté sur les inégalités de droit ; je n’envisageais pas bien la violence -symbolique, physique- que pouvait constituer cette poussée progressive d’Israël sur les terres palestiniennes.

 Le point culminant de cette visite fut pour moi au village de Nabi Samuel, sanctuaire du prophète Samuel. A l’origine, le lieu se situe en territoire palestinien, non pas à Jérusalem Est mais bien en Cisjordanie. Aux premiers abords, le lieu ressemble à un charmant site touristique familial. Il est vrai que S. nous a fait remarquer les colonies qui entouraient le site. Mais elles semblent loin, les routes sont sinueuses. Sans une vision globale, rien ne peut nous faire comprendre le mouvement à l’œuvre. A notre arrivée sur le site du tombeau de Samuel, nous ne voyons quasi exclusivement que des familles juives orthodoxes, rassemblées là pour une fête. Il s’agit pourtant d’un site en territoire palestinien. Juste avant l’entrée du parc touristique, S. nous fait remarquer un petit village, palestinien. Du haut du tombeau, nous comprenons la situation :

-          Le tombeau de Samuel a été annexé en 1967. Depuis ,ce site, également sacré pour les musulmans, est interdit d’accès aux palestiniens

-          Le village de Nabi Samuel fait l’objet d’une stratégie de long terme « d’épuisement », pour in fine récupérer l’entièreté du territoire du village. Autour, plusieurs colonies ont été construites, avec leurs propres routes d’accès, interdites aux habitants de Nabi Samuel. Pour se rendre en Cisjordanie (faire les courses, voir leur famille,…vivre !) les habitants doivent emprunter des routes de contournement, bien plus longues que le trajet immédiat et accessible pour nous, étrangers. La possibilité pour des palestiniens des territoires de venir à des mariages ou fêtes à Nabi Samuel, pourtant une territoire palestinien, est-elle quasi-nulle. L’autorité de Jérusalem octroie les autorisations avec parcimonie, rendant de fait le village peu vivable. Quelques familles pourtant résistent, au détriment de leur qualité de vie. Quitter ce village serait offrir une autoroute à Israël pour le contrôle de ce territoire : ils auraient de fait gagné une stratégie d’annexion lente, de reconnaissance de l’état de fait. Mais quel courage de vivre dans ce contexte !

Nous étions donc en haut du tombeau, à observer cette situation, telle une carte géopolitique qui s’offrait sous nos yeux. En contrebas, les familles ultra-orthodoxes préparaient une fête. A côté, se tient un cimetière palestinien. Nous comprenons qu’il s’agit du cimetière du village de Nabi Samuel mais, qu’étant situé dans le périmètre du site touristique du tombe, « site israélien », il est inaccessible aux villageois en temps normal. Quelle force symbolique ! Rendre inaccessible le cimetière où sont enterrés les parents des villageois ! Je ne pouvais concevoir que les familles en contrebas puissent accepter qu’on prive des voisins d’aller se recueillir sur la tombe de leurs ancêtres. Ce fut pour moi un moment très douloureux, ne pouvant imaginer qu’un être humain refuse cela à un autre.

 De retour en France, j’ai lu le livre de Éléonore Merza Bronstein et Eitan Bronstein Aparici « Nakba », qui explique bien la nécessité de ce travail cartographique. Ce travail est ingrat, mais il permet de rendre accessible, visible et compréhensible des mouvements à l’œuvre pour faire entendre cette violence.

Avant PeP, j’avais parfois des doutes sur l’utilité du voyage, au-delà de ma propre compréhension de la situation. Cette histoire et la vision de la situation à Nabi Samuel m’ont convaincue de l’utilité d’expliquer, de partager et de s’appuyer sur des situations concrètes pour montrer les mouvements à l’œuvre, qui chaque jour passant, s’amplifient et rend l’égalité de droit un peu plus lointaine.

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