Poème

Pourquoi ont-ils le droit ???

 

:Ils ont le droit: De nous expulser de nos propres maisons

De nous laisser sans toit

De nous obliger à vivre comme les animaux, sans aucun droit

Pourquoi ?

Eux, ils ont le droit de vivre librement sans tenir compte de la loi.

Ils ont crée leur propre loi!

Celle qui leur permet de tout faire.

Personne ne peut leur demander pourquoi,

Même le plus fort des avocats

Mais pourquoi?

Eux, ils vivent sur notre terrain, joyeux, riches, avec des jolis toits

Et nous, les habitants originaux de cette terre sainte, de cette patrie, nous vivons sans toit.

Dans des camps de l’enfer.

Nous somme prisonniers, condamnés a vie, sans exister

Nous somme condamnés à vivre pauvres, tristes, perdus, sans avenir, sans aucun plaisir.

Je me demande encore une fois, pourquoi?

Eux, ils vivent une vie moderne avec des jolis et grands jardins, des parcs de jeux. Ils exploitent aussi nos sources d’eau.

Et pour nous maintenant, de tout cela il n’y en a pas.

Nous vivons dans des studios ou dans des très petites pièces, très serrés. Dans chaque maison 4 ou 5 familles et je n’exagère pas.

Eux, ils sont libres de choisir et de vivre sur notre terre. ILS ont aussi le choix, de prendre les grandes espaces, de voler nos terrains.

De les prendre gratuitement, de vivre une belle et joyeuse vie.

Et nous, nous vivons dans la misère, dans les camps de l’enfer, réfugies. Nous vivons dans des abris appelés maisons, mais en réalité ils sont n’importe quoi!

Je me sens remplie de jalousie, mais ne me demandez pas pourquoi!

Attendez … ne jugez pas!!!

Quand je me souviens de l’ancienne histoire avant la catastrophe de 1948.

Eux, où vivaient-ils? Dans le monde entier, sans adresse exacte.

Nous, les Palestiniens, vivions librement dans nos maisons, cultivions nos champs. Nous étions libres. Le mandat britannique a tout renversé, avec la promesse de Balfour qui a donné aux juifs un droit qui les sert. Mais pourquoi ?

Avant cette promesse et ce mandat

Eux, vivaient dans les pays de monde sans beaucoup de droits. N’est-ce-pas?!

Ils étaient mal vus par la plupart des pays, à cause de leurs méfaits. Je pense que tout le monde connait cela ? Ce n’est pas seulement moi ?

Ils étaient riches, ceux qui leurs ont donné le pouvoir

Avant le mandat et la catastrophe qu’on appelle en arabe An-Nakba, les villageois vivaient dans leurs maisons, librement, dans la paix, sur la terre de la paix, la Palestine, la terre sainte, la mère des trois religions saintes.

Nous vivions une vie normale, contents, riches avec les choses qu’on avait. Nous avions des champs de blés, des modestes maisons, des orangers, des citronniers, des oliviers.

Quand je fais la comparaison de tout cela, entre la vie que l’on vit maintenant, et leur vie que l’on voit a distance, après qu’ils nous ont expulsés et chassés, je deviendrai jalouse mille fois.

De plus en plus jalouse

Alors qu’ils étaient, eux les mal vus, nous sommes devenus, les mal vus. Pourquoi?

Parce que nous sommes réfugiés, parce que nous vivons dans des conditions difficiles.

Les gens qui ne regardent pas notre histoire, ils ne voient pas comment on vit maintenant dans les camps de réfugiés…

L’image a été renversée, après le mythe de la création d’Israël.

Comment ils ont crée un pays sur un autre pays, comment ils commettent des crimes de guerre, des massacres pour effacer notre existence sur cette terre!!!

En disant : on a trouvé un pays sans peuple, sans histoire, mais la réalité n’est pas celle la!

Israël est un cauchemar.

Si le monde se réveille il va comprendre qu’elle est un cauchemar.

Bien qu’ils aient beaucoup de pouvoir, de force, ils n’ont pas réussi à effacer notre histoire.

Ils essaient de tout changer, les noms de villes, des rues, les endroits historiques, les noms des plats, notre patrimoine, folklore. Ils ont tout volé, ils veulent tout changer.

Pour moi:

Etre jalouse est un droit

Etre révoltée est aussi un droit

Défendre notre Terre, est vraiment un droit.

Mais pourquoi quand on veut défendre nos droits, nous sommes condamnés à mort ou à jamais jetés en prison.

Pourquoi?

Leurs enfants vivent joyeux, ils ont tout.

Nos enfants vivent dans les camps de l’enfer, les camps de refugiés. A l’intérieur c’est très compliqué, même à bien expliquer.

Dans ces camps, pas de tranquillité, pas d’intimité.

Chaque nuit les soldats y entrent, nous interdisant à chaque fois de bien dormir

Quelquefois, ils imposent des longs couvre feu, envahissent les camps, en en fermant les portes principales.

Aucune nourriture, aucun service. Il est même difficile, voir impossible d’avoir le lait pour les bébés.

Pourquoi, ont-ils le droit, de faire tout cela ?!

Peut-être veulent-ils aussi nous tuer, ou bien nous chasser encore une fois ? On ne sait pas où, ni comment !

On verra!

Je veux leur dire que les camps sont des grandes prisons.

Ils nous torturent sans raison. Nous vivons dans des grandes prisons.

Même s’ils ne nous touchaient pas physiquement, ils nous ont déjà fait du mal, de la peine, de la souffrance à cause de leur existence , ici.

Eux en haut, et nous en bas.

Mais pourquoi?

Est –ce qu’ils ont le droit?

S’il vous plait, répondez- moi!

Pourquoi vous ne leur demandez pas pourquoi?!

Je m’excuse, s’ils ont des excuses!

Ecrit par Ma’ali

Le 7 Janvier, 2015

 

« La vie est ténèbres, si elle n’est pas animée par un élan. Et tout élan est aveugle, s’il n’est pas guidé par le savoir. Et tout savoir est vain, s’il n’est pas accompagné de labeur. Et tout labeur est futile, s’il n’est pas accompli avec amour. Et lorsque vous travaillez avec amour, vous resserrez vos liens avec vous-même, avec autrui et avec Dieu.« 

Élan, savoir, labeur, amour. C’est Dieu qui est à l’œuvre.

_DSC9736Je vais commencer par ce poème. J’ai écrit ce poème quand les bombes tombaient sur Gaza. J’étais le porte-parole de la Coalition(*) pour les médias et je faisais un gros travail d’organisation. Nous étions restés debout jusqu’à six heures du matin environ, à travailler chaque phrase et chaque son, et à la fin, si vous êtes palestinien, vous savez, la plupart des palestiniens se fatiguent et prononcent le « p » comme un « b », nous étions devenus des « balestiniens » à la fin de la journée. J’ai répété la lettre « p » toute la nuit et le lendemain un des journalistes m’a demandé, « Ne croyez-vous pas que tout irait mieux si seulement vous cessiez d’enseigner la haine à vos enfants ? ».

Je n’ai pas insulté la personne en question, je suis restée très polie, mais j’ai écrit ce poème en réponse à ce type de question qu’on nous pose toujours à nous autres palestiniens.

Aujourd’hui mon corps était un massacre télévisé.

Aujourd’hui mon corps était un massacre télévisé

Qui devrait tenir en une phrase avec un nombre limité de caractères.

Aujourd’hui mon corps était un massacre télévisé.

Qui devrait tenir en une phrase Et un nombre limité de caractères

Remplis de statistiques pour donner une réponse mesurée.

Et j’avais travaillé mon anglais et je savais par cœur toutes les résolutions de l’ONU.

Mais il m’a quand même demandé, « Mlle. Ziadah, ne pensez-vous pas que tout Serait résolu si vous arrêtiez d’enseigner tant de haine à vos enfants ? » Pause. J’ai regardé à l’intérieur de moi pour trouver la force de rester patiente.

Mais le mot « patience » n’est pas sur le bout de ma langue

Quand les bombes tombent sur Gaza.

La patience m’a simplement abandonné.

Pause. Sourire.

Nous enseignons la vie, monsieur !

Rafeef, n’oublie pas de sourire.

Pause. Nous enseignons la vie, monsieur. Nous, Palestiniens, enseignons la vie

Une fois qu’ils ont occupé le dernier ciel. Nous enseignons la vie

Une fois qu’ils ont construit leurs colonies Et leurs murs d’Apartheid,

Après les derniers cieux.

Nous enseignons la vie, monsieur !

Mais aujourd’hui mon corps était un massacre télévisé

Qui devrait tenir en une phrase Et un nombre limité de caractères.

Alors donnez-nous juste une histoire

Une histoire humaine, Vous voyez, ça n’est pas politique

Nous voulons seulement parler de vous aux gens, Et de votre peuple.

Alors donnez-nous une histoire humaine,

Ne mentionnez pas le mot « Apartheid » ni « occupation »,

Ça n’est pas politique.

Vous devez m’aider en tant que journaliste

A vous aider à raconter votre histoire Qui n’est pas une histoire politique.

Aujourd’hui mon corps étai un massacre télévisé.

Et si vous nous donniez l’histoire d’une femme à Gaza

Qui a besoin de médicaments ?

Et vous, est-ce que vous avez assez de bras ou de jambes cassés

Pour effacer le soleil ?

Donnez-moi vos morts Et faites-moi la liste de leurs noms

Mais pas plus de 1,200 caractères.

Aujourd’hui mon corps était un massacre télévisé

Qui devrait tenir en une phrase et un nombre limité de caractères

Pour émouvoir ceux qui sont insensibles

Au sang terroriste.

Mais ils ont eu pitié.

Ils ont eu pitié du bétail à Gaza.

Alors je leur donne les résolutions de l’ONU Et des statistiques,

Et nous condamnons, Et nous déplorons, Et nous rejetons,

Et on n’est pas égaux des deux côtés, Occupant et occupé,

Et 100 morts, 200 morts, et 1000 morts

Et entre ce crime de guerre et ce massacre Je lance les mots,

Le sourire, pas terroriste,

Le sourire, pas exotique,

Et je compte encore et encore,

100 morts, 200 morts, 1000 morts,

Y’a quelqu’un ?

Est-ce que quelqu’un nous entend ?

Si seulement je pouvais gémir sur leurs corps.

Si seulement je pouvais courir pieds nus dans chaque camp de refugiés

Et serrer chaque enfant Et couvrir leurs oreilles

Pour qu’ils n’entendent pas le bruit des bombardements

Pendant toute leur vie

Comme je dois le faire, moi.

Aujourd’hui mon corps était un massacre télévisé.

Et laissez-moi vous dire,

Vous et les résolutions des nations unies

N’avez jamais rien fait à ce sujet,

Et aucune phrase,

Aucune phrase Qui me vient à l’esprit,

Et aussi excellent que devienne mon anglais

Aucune phrase,

Aucune phrase Aucune phrase

Aucune phrase Ne les fera revenir à la vie

Aucune phrase N’arrangera ça.

Nous enseignons la vie, monsieur !

Nous enseignons la vie, monsieur !

Nous, Palestiniens, nous nous réveillons chaque matin

Pour enseigner Au reste du monde la vie, monsieur !

Merci !

Rafeef Ziadah

_________________________________________________________________________

IRAK Adieu Mossoul

Lettre d’adieu de l’écrivain irakien chrétien Majed Aziza à sa ville, Mossoul, après la décision des islamistes de l’Etat islamique en Irak et au Levant (EIIL) d’en expulser l’ensemble de ses coreligionnaires.

Expulsés, nous quittons notre ville Mossoul, humiliés par les tenants du nouvel islam. Nous la quittons pour la première fois de l’Histoire. Et, en partant, nous remercions nos voisins, voisins dont nous pensions qu’ils nous protégeraient comme ils le faisaient [jadis] et qu’ils se dresseraient contre la furie de ces criminels du XXIe siècle en leur disant que nous sommes les authentiques fils de cette ville et que nous en sommes ses fondateurs.

Nous nous rassurions en nous disant que nous pouvions compter sur eux, frères valeureux qui allaient montrer de quel bois ils se chauffent. Mais ils nous ont abandonnés, nous laissant nous traîner hors de la ville, vers l’inconnu. Ils ont fermé les yeux, alors que nous laissons derrière nous notre histoire, les tombes de nos ancêtres, nos maisons, notre patrimoine et tout ce qui est cher à notre cœur. Ils nous ont abandonnés, alors que nous disons adieu à nos quartiers, à la mosquée Jonas [qui contenait également le tombeau de ce prophète et qui, à ce titre, a été détruit par les djihadistes de l’Etat islamique en Irak et au Levant (EIIL)]. Adieu également à l’archevêché, à l’église de Maskinta et à celle d’Ain Kibrit… Adieu à vous tous ! Nous ne serons plus là pour vos fêtes et cérémonies, mariages et enterrements.

La fin de millénaires passés ensemble

Adieu à nos proches enterrés à Mossoul. Nous les quittons, chassés de notre ville. Qu’ils nous excusent si nous ne pouvons venir sur leurs tombes lors des fêtes religieuses. Adieu à la dépouille de mon grand-père Elias, de mon oncle paternel – le père Mikhaïl –, à mes oncles maternels Ibrahim et Mikhaïl Haddad dont je tiens la passion du journalisme, adieu à mon oncle paternel Estefan Aziza, le premier martyr de la famille, adieu au couvent de Saint-Georges, adieu aux ponts de ma ville, à ses murs et à ses terrains de jeu, à son université et à son centre culturel.

Excusez-nous, vieux amis, frères et nobles fils de notre ville. Excusez nos manquements. Si nous devions avoir manqué à nos devoirs à votre égard, il n’en reste pas moins que nous y avions vécu ensemble des centaines, voire des milliers d’années, bâtissant Mossoul à la sueur de notre front.

Et aujourd’hui, vous nous regardez de loin, alors que nous en sommes chassés, humiliés aux yeux de tous. Les assassins en furie de Daech [acronyme arabe de l'EIIL] nous ont chassés de nos maisons et de notre ville. Adieu à vous tous. Et merci. Nous quittons, contraints et forcés, une terre que nous avons nourrie de notre sang.

Note :Paru le 24 juillet

Impartialité journalistique (d’après Le Tartuffe, de Molière).

Poème breveon4211-8dac1

―Tout s’est-il, ces deux jours, passé de bonne sorte ?
Qu’est-ce qu’on fait céans ? comme est-ce qu’on s’y porte ?
―Madame Palestine eut avant-hier la fièvre jusqu’au soir,
Avec un mal de tête étrange à concevoir.
―Et Israël ?
―Israël ? Il se porte à merveille,
Gros et gras, le teint frais, et la bouche vermeille.
―Le pauvre pays !
―Le soir, elle eut un grand dégoût,
Et ne put au souper toucher à rien du tout,
Tant sa douleur de tête étoit encore cruelle !
―Et Israël ?
―Il soupa, lui tout seul, devant elle,
Et fort dévotement il mangea deux perdrix,
Avec une moitié de gigot en hachis.
―Le pauvre pays !
―La nuit se passa toute entière
Sans qu’elle pût fermer un moment la paupière ;
Des bombardements l’empêchoient de pouvoir sommeiller,
Et jusqu’au jour près d’elle il nous fallut veiller.
―Et Israël ?
―Pressé d’un sommeil agréable,
Il passa dans sa chambre au sortir de la table,
Et dans son lit bien chaud il se mit tout soudain,
Où sans trouble il dormit jusques au lendemain.
―Le pauvre pays !
―A la fin, par les raisons d’Israël gagnée,
Elle se résolut à souffrir la saignée,
Et une aggravation suivit tout aussitôt.
―Et Israël ?
―Il reprit courage comme il faut,
Et contre tous les maux fortifiant son âme,
Pour réparer le sang qu’avoit perdu Gaza,
But à son déjeuner quatre grands coups de vin.
―Le pauvre pays !
―je vais à Madame Palestine annoncer par avance
La part que vous prenez à sa convalescence.

Théophraste R. (du Bureau international des poids et mesures).

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